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Olivier CERVANTES, dirigeant fondateur de WAKANIM

Olivier CERVANTES, dirigeant fondateur de WAKANIM


27.09.22
DU CONCEPT A LA REALISATION

Après mes études à l’école des Gobelins à Paris, j’ai décidé de monter une entreprise avec deux amis aux compétences complémentaires : Ludovic ALCALA (développement web) et Jonathan (design). Nous nous sommes rencontrés en 2006, au tout début de Youtube..A cette époque, nous étions fans d’animation japonaise et   étions frustrés de devoir  attendre deux ou trois ans pour apprécier nos séries traduites en français au format dvd, blue ray, ou encore, très rarement, à la télévision.
Nous avons donc imaginé Wakanim, dans l’objectif de raccourcir ce délai d’attente dû principalement à la barrière de la langue, en négociant des acquisitions de droits auprès des Japonais. . La construction globale de ce projet nous a pris 3 ans !
En 2009, business plan et lettres de soutien d’éditeurs japonais en poche, nous avons commencé à démarcher des investisseurs.

C’est à cette période que nous avons rencontré Nord Création, pour notre première levée de fonds. C’est allé très vite !
Nous avons commencé à recruter des salariés, passant de 3 à 5, dont un traducteur qui est toujours parmi nous aujourd’hui, des journalistes pour alimenter une plateforme d’actu destinée à fédérer l’audience autour de nos séries.

LE LANCEMENT

On a commencé la diffusion de notre première série d’animés « Que sa volonté soit faite »,  sur WAT.tv, plateforme web appartenant à la régie publicitaire de TF1. Il s’agissait d’un « simulcast », c’est-à-dire une diffusion simultanée entre la TV japonaise et internet. Nous nous occupions des sous-titrages. La première série a fait plus d’un million de vues, ce qui paraît peu aujourd’hui, mais représentait beaucoup à l’époque ! Grâce au succès de cette première série, nous avons fait l’acquisition de deux nouvelles séries, puis d’une troisième, d’une quatrième, etc.
Au fil des années, nous avons affiné notre business model, et sommes devenus indépendants technologiquement en développant en interne notre propre système et nos propres outils de diffusion de contenus, d’abord en téléchargement puis en streaming sur abonnement.
Au départ, nous étions rémunérés par la publicité, puis nous avons mis en place un système d’achat par épisode, puis nous sommes passés au streaming.
Nous avons toujours été dans l’innovation. En 2009, Netflix faisait encore du DVD !
Nous avons construit une communauté de plusieurs millions de personnes inscrites ! Nos clients sont assez variés : des trentenaires fans d’animés japonais (j’en fais partie !), des pré-adolescents et adolescents. Une large audience de 10 à 45 ans environ !

LE RACHAT

En 2015, nous avons été approchés par Aniplex, filiale du Groupe SONY, pour travailler main dans la main. Nous avons été accompagnés dans cette cession par Nord Transmission .
Le rachat de Wakanim nous a permis de nous structurer en termes de normes de travail, de process, de business, car il y a d’énormes différences entre un fonctionnement en mode start ’up et celui d’un grand groupe.
C’est à cette époque qu’on s’est vraiment lancés sur un modèle économique basé sur l’abonnement. On a pu faire grandir l’équipe, jusqu’à atteindre une trentaine de salariés en 2019.
Fin 2019, Sony a entamé un travail de fusion de ses différentes structures, basées notamment en Australie et aux Etats Unis, pour proposer une nouvelle offre internationale. A présent, nous appartenons tous au groupe CRUNCHYROLL, et sommes un millier d’employés à travers le monde.
Ludovic et moi avons gardé des rôles de vice-présidents dans l’entreprise, où tout est très structuré. Nous avons vendu nos parts en 2019, donc ne faisons plus partie des actionnaires.

SI C’ETAIT A REFAIRE ?

Aujourd’hui, je me dis qu’on aurait pu développer Wakanim plus tôt à l’international. La France est un petit marché. Si c’était à refaire, je chercherais des fonds pour ouvrir sur d’autres territoires dès le départ ! On ne peut pas concurrencer des sociétés américaines si on n’est qu’en France… On aurait dû anticiper pour inverser les rapports de force.

ET DEMAIN ?

Nous avons atteint un plafond en ayant poussé Wakanim « au plus haut possible » : nous proposons de la VOD, du manga, des studios de doublage, de la diffusion cinéma (nous détenons 10 des plus gros succès de l’animé japonais sur grand écran) !
Pour demain, je travaille sur des pistes d’évolution en termes de structure, toujours en innovant à 360°…. Mais je ne peux pas en dire plus pour le moment.

A suivre…Merci !